L’interview d’un joueur de « serpent », bientôt en concert à Veyrines

Le musicien Marc Douillet qui jouera du « serpent » le 8 décembre 2018 dans l’église de Veyrines au profit de la restauration de la Croix de peste du hameau a bien voulu répondre à nos questions.

Quel est le nom de votre groupe de musiciens ?
Jardin d’Eden a été fondé suite à la création de l’association JSSP (Joueur de Serpent Serpent Player) en 2016.

Dans quelles circonstances a été créé votre orchestre ?
Ce n’est pas un orchestre mais un ensemble de musique ancienne (plus petite formation à géométrie variable) en fonction des parties à jouer et des morceaux interprétés. Sa création est la volonté de deux musiciens « serpent », tubistes amateurs de leur état, qui ont souhaité jouer ensemble et s’entourer d’autres musiciens pour enrichir le serpent et mieux faire connaître cet instrument étrange et intriguant.

Est il uniquement composé de musiciens amateurs ?
Oui, mais d’amateurs expérimentés, car tous issus du Conservatoire à Rayonnement Régional de Saint Etienne et d’Annonay. Nous nous consacrons notamment à la musique ancienne au sein de la classe de musique ancienne du conservatoire de Saint Etienne.

Quels instruments sont utilisés par les musiciens de votre ensemble ?
Les instruments utilisés sont la viole de Gambe, (absente le 8 décembre) le clavecin, les flûtes à bec, des percussions et 2 serpents.

Pouvez nous en dire plus sur l’instrument de musique appelé serpent ?
Le Serpent est l’ancêtre du tuba. N’imaginez aucun cobra, ni fakir, le serpent est un instrument de musique, une sorte d’ancêtre du tuba utilisé au XVIᵉ siècle !

L’instrument se présente sous forme de S, particularité qui lui a donné son nom. Il est en bois de noyer recouvert de cuir ou de parchemin. Il est percé de 6 trous, ce qui permet de jouer toute l’échelle chromatique dans un registre proche de la voix humaine. Il comporte à son extrémité un bocal métallique (ou branche d’embouchure), sur lequel s’adapte l’embouchure souvent en corne ou à l’époque en ivoire.

Son invention remonterait à 1590 par un chanoine, Edmé Guillaume d’Auxerre. Il était utilisé à l’église pour soutenir tant le plain-chant (grégorien) que les parties de musique, mais aussi dans les ensembles à vent et fanfares militaires après la révolution Française.
Très répandu en France, son usage se perd à la fin du XIXᵉ siècle remplacé par des instruments plus moderne issus du développement industriel, l’ophicléide puis le tuba.

Qu’est ce qui vous a motivé pour jouer du serpent ?
L’écoute d’un disque de Rabih Abou-Khalil, (compositeur et joueur d’oud libanais) qui pendant plus d’une décennie avait dans son ensemble le grand joueur de tuba Michel Godard. Celui-ci a réhabilité le serpent en le jouant suite à tout un travail avec Stefan Berger, facteur de serpent en Suisse.

L’instrument est étrange par sa forme et son son qui resurgit du passé. Sa grande difficulté de jouer juste fait tout son charme…
Etant tubistes depuis plusieurs années, nous avions déjà une approche des embouchures.

Quels types de musiques jouez vous ? A quelles époques correspondent t’ils ?
C’est un répertoire du XVIème et XVIIème siècle composé de danses Renaissances Française et Italienne et de contes musicaux. Nous allons aussi vers des improvisations sur des gammes de musiques arabo-andalouse.

Choisissez-vous une programmation particulière en fonction du lieu dans lequel vous allez jouer ?
Oui et non, le programme est adapté au thème de la soirée. Le plus souvent nous privilégions des lieux où il y a suffisamment de réverbération, ce qui met en valeur le serpent instrument d’église dans sa première utilisation au XVIème siècle.

L’église de Veyrines vous inspire t’elle particulièrement sur le plan musical ?
la sobriété de cette église devrait vraiment convenir à notre ensemble. La musique que nous interpréterons dans ce conte musical sera ajustée entre ces murs. Ce conte aurait pu y être donné il y à 2 ou 3 siècles dans les mêmes conditions !

Pourquoi réaliser un concert à la chandelle dans l’église de Veyrines ?
Juste une idée lumineuse pour la fête des lumières !
Dans les mêmes circonstances qu’au XVIème siècle, la lumière et la musique seront en harmonie dans une ambiance particulièrement rare, sombre et grave…

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Don pour restaurer la croix de Veyrines

La croix de peste de Veyrines date du XVIème siècle et nécessite des travaux urgents de restauration étant donné les risque de décrochement de la statuette du Christ . Cette croix est située à côté de l’église médiévale, en limite du petit cimetière monastique attenant à celle-ci.

€10,00

 
Vous pouvez également faire un don par chèque en l’envoyant à l’Association des Amis de Veyrines, Maison Communale, 07290 Saint Symphorien-de-Mahun

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