La site préhistorique du Chirat Blanc

La vallée du Nant fait partie des zones montagneuses qui sont habitées de très longue date dans le nord de l’Ardèche plus connu sous le nom de Haut-Vivarais. La présence humaine remonte maintenant à plusieurs millénaires et débute plus particulièrement sur le sommet rocheux qu’est le Suc du Barry connu localement sous le nom du Chirat Blanc (altitude 1146 mètres).

Un oppidum totalement fortifié

Occupé entre le Premier Age du Fer (725-480 avant J.C.) et le Second (130-30 avant notre ère), l’oppidum du Suc du Barry est un centre d’habitation et d’échanges commerciaux sécurisé grâce à la topographie : un sommet rocheux de plusieurs hectares bordé à au sud et à l’ouest par des falaises rocheuses (au-dessus du village de Saint Symphorien et du haut de la vallée du Nant).

Le site du Chirat Blanc a été fortifié avec un mur d’enceinte simple sur la quasi totalité du pourtour de l’oppidum. La sécurité de l’entrée dans l’oppidum avait été renforcée grâce à un double mur d’enceinte dont on peut voir les restes sur les photographies ci-dessous.

Une structure urbaine de l’oppidum


Plan de l’oppidum du Chirat Blanc au XIXe siècle (A.Boudon-Lashermes, Archives départementales de l’Ardèche)

Au centre de la partie sud de l’oppidum se trouve une imposante barre rocheuse autour de laquelle a été organisée l’occupation du site du Chirat Blanc. De part et d’autre de l’ensemble rocheux sont localisées les 70 à 100 fonds de cabanes (carrées ou rectangulaires) qui constituaient la partie urbaine ou construite de l’oppidum.

Dans la partie nord de l’oppidum du Suc du Barry se trouve la partie la plus accessible du site avec une pente assez raide mais régulière en direction de la vallée de la Cance. C’est cette partie de l’oppidum qui a notamment donné le nom de Chirat Blanc au site en raison des nombreuses rochers calcaires affleurants et des nombreux tas de pierres situés en haut de la pente (reste des murs d’enceinte effondrées ?).

La recherche d’un curé pour Veyrines

Extrait du livre de raison de Jacques Mouly (1788 – 1856) propriétaire à Champavère (Saint Symphorien-de-Mahun).

Par leur pétition du 12 Novembre 1838, les habitants de Veyrine demandèrent un curé à Monseigneur l’évêque de Viviers, ou plutôt le séjour d’un des prêtres de La Louvesc ou du vicaire de St Symphorien. Les autorités civiles s’opposèrent au déplacement du vicaire. Cependant Monseigneur leur accorda la permission de dire la messe dans leur église (Depuis la mort de M. Chazal, 22 ans, on n’y avait pas célébré les offices).
Le 24 Juin 1839, Mr Grand curé de St Symphorien, y dit la messe : Les habitants de Veyrine et des environs s’empressèrent d’y assister ; Plagnal âgé de 75 ans s’y fit porter. Il demanda la permission d’être enterré au cimetière : On eut égard à sa demande, il y fut inhumé le 30 Septembre 1839, et du depuis on a continué d’y enterrer.

Les habitants de Veyrine et de la banlieue se cotisèrent par acte privé Me Delaurens, notaire, pour faire le traitement d’un prêtre, ayant à leur tête Mr le Comte De Lestrange. Attendu que cette souscription était au dessus de leur portée, leur pétition fut rejetée à l’évêché. Une ordonnance du Roi créait cinq succursales dans le diocèse de Viviers ; Mais les réclamations de Veyrine furent encore infructueuses. Ils réclamèrent la petite cloche de St Symphorien qui avait resté près de 30 ans au clocher de Veyrine ; Mais ils échouèrent encore devant Monseigneur l’évêque. Enfin toujours assistés de Mr De Lestrange leur bienfaiteur, ils firent réparer leur église dans le courant de l’été de 1839 ; Ils se procurèrent une cloche du poids de 125 kilos (3 quintaux anciens poids), y compris le battoir ; Elle fut bénite par M. Grand, le 2 Avril 1840 ; Le Sieur Coste de Fontanes fut parrain et sa femme la marraine. Elle fut fabriquée à Annonay.

Mr le curé de St Symphorien ou son vicaire y vont de temps en temps leur donner la messe les jours de fête à dévotion. Les pauvres habitants de Veyrine attendent toujours un curé ; mais où trouvèrent ils pour faire son traitement ? Ne pourrait on pas les comparer aux juifs qui regardent toujours Sion. Cependant il est ç présumer que tôt ou tard ils en auront un. C’est au zèle et aux démarches de Coste et Plagnal et notamment aux dons de M. De Lestrange que l’église a été réparée : Le brave Coste a fait de grands sacrifices.

Numéro spécial de Mémoire d’Ardèche et Temps Présent

Revue fondée par l’association éponyme, Mémoire d’Ardèche et Temps Présent a pour objectif de favoriser le développement de la recherche en histoire, géographie, économie, démographie, sociologie, politique sur l’ancien Vivarais et le département de l’Ardèche, ainsi que de faire connaître et de vulgariser les résultats de ces recherches.

Le cahier N° 129 de février 2016 est consacré à Saint Symphorien-de-Mahun et Veyrines

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