L’Abandon de la Vie Monastique

Les derniers soubresauts de la vie monastique

Le Prieuré de Veyrines est un monastère sans moine capable de célébrer la messe dès le milieu du XIVème siècle, puisqu’il n’y a plus de desservant permanent depuis une quarantaine d’années d’après le constat effectué par le prieur de Macheville en 1382. Il se peut que les offices divins aient été célébrés par des desservants occasionnels titulaires de cures dans des localités voisines durant cette période.
Dès le début du XVème siècle, ce sont les curés de la paroisse voisine de Saint-Pierre-des-Macchabées, florissante, qui ont affermé les revenus du prieuré et se sont donc placés comme successeurs des premiers prieurs, assurant la poursuite du culte divin et tentant ainsi de maintenir la spiritualité déclinante de l’établissement.

Propriétaire du Prieuré de Veyrines, la communauté monastique de Macheville se dissout à l’extrême fin du XVIème siècle en raison des nombreuses exactions subies durant cette période de guerre civile. Les nombreux biens de l’ancien prieuré bénédictin, dont le Prieuré de Veyrines avec tout son patrimoine foncier, fiscal et seigneurial, sont alors attribués au collège des Jésuites du Puy.

La reprise en main des domaines du Prieuré de Veyrines

Fondateurs du collège du Puy en 1588 dans le cadre de la Contre-Réforme catholique, les jésuites sont les grands bénéficiaires des bouleversements de la vie monastique de l’époque en Haut-Vivarais puis qu’ils recueillent les biens des prieurés de Macheville et de Veyrines au bénéfice de leur établissement scolaire. Au tournant du siècle ils commencent à mettre en place dans le Haut Vivarais une administration rigoureuse de leurs biens et de leurs droits (féodaux, de justice..) grâce à une politique de copie et d’exploitation systématique des archives (chartes, terriers, lièves…) des possessions nouvellement acquises.

Durant la première moitié du XVIIème siècle les Jésuites du Puy font plusieurs procès aux habitants de Veyrines qui excipant de la disparition de la seigneurie de Mahun depuis trois siècles et de l’absence de toute communauté monastique depuis plus d’un siècle et demi refusaient de payer certains impôts et taxes de type féodal. L’absence d’une présence permanence des Jésuites dans l’ancien prieuré, malgré les campagnes d’évangélisation de Jean-François REGIS de 1636 à 1640 dans le Haut-Vivarais et le Velay, ne leur a pas permis de se concilier les habitants avant que la canonisation et le développement du culte de ce dernier ne se développe à Veyrines.

A partir de la fin du XVIIème dans les documents ecclésiastiques l’ancien établissement monastique est uniquement évoqué sous les appellations de « l’ancien prieuré » et de « la cure de Veyrines ».