L’Histoire du Village

En dehors de l’oppidum du Chirat Blanc ou Suc du Barry nous n’avons pas de trace écrite d’une communauté villageoise permanente sur la commune de Saint Symphorien de Mahun avant l’identification des noyaux villageois médiévaux de Veyrines et de Mahun. A partir de cette époque là nous avons quelques épisodes connus de la vie du village.

La naissance du village de Saint Symphorien-de-Mahun

Un embryon de village s’est développé sur les pentes méridionales de la plateforme de Mahun sur laquelle a été construit le château de Mahun au Xème ou au XIème siècle. Ce hameau pouvait comporter des maisons de dépendants (hommes d’armes, clerc desservant la chapelle qui est attestée dès 1212) bien que ceux-ci à l’époque logeaient généralement au château ; il s’agit sans doute plutôt de fermes tenues par des serfs exploitants les terres situées à proximité de la forteresse et assurant la mise en valeur de la réserve seigneuriale.

A un kilomètre au sud-ouest du château de Mahun, le village de Saint-Symphorien s’est développé sur son emplacement actuel dès l’époque médiévale, peut être autour d’un hameau prééxistant. Toujours est-il que c’est autour de l’église dédiée à Saint-Symphorien et datant notamment du XIIème siècle que va se construire la partie la plus ancienne du village durant l’époque médiévale.

Une fin de Moyen-Age troublée

L’extinction de la famille Pagan de Mahun puis le décès de leur héritier Briand de Retourtour du XIVème siècle ont sonné la fin définitive du château ancestral en tant que résidence seigneuriale, il ne s’agit plus que d’une forteresse permettant de sécuriser et d’administrer le mandement de Mahun.
Durant la deuxième partie de la Guerre de 100 ans (1420-1453) les guerres privées seigneuriales en Vivarais prennent les couleurs d’affrontements Armagnacs-Bourguignons, tandis qu’entre deux batailles les bandes de mercenaires (routiers) mettent à sac villes et campagnes. Vers 1420 le château de Mahun et pris et détruit par une « compagnie d’anglais » qui ont pillé la région. La décennie suivante les compagnies « espagnoles » de Rodrigo de Villandrado occupent un temps la région d’Annonay d’ou elles lancent des raids sur Lyon et Nîmes, dans le Velay, le Vivarais et le Dauphiné.

Si le château de Mahun semble avoir été réparé après son démantèlement par les routiers, nous savons par l’inventaire des fiefs fait lors de la succession de la famille des Tournon au tout début du XVIIème que le hameau de Mahun était abandonné avec un château à l’état de vestiges et les maisons situées au-dessous à l’état de ruines.

Mahun Libre et le séminaire clandestin

Redevenue terre catholique depuis la Contre-Réforme conduite par Saint Jean-François REGIS, le Haut-Vivarais est majoritairement favorable à l’égalité des droits qu’annonce la Révolution, à laquelle une partie de la population participe avec quelques émeutes et la destruction de quelques tours et pigeonniers. Après 1790 la situation est globalement calme, contrairement au Bas-Vivarais ou les antagonismes catholiques protestants entraînent nombre de pillages, violences et émeutes ainsi que l’influence grandissante des contre-révolutionnaires chez les catholiques.

A partir de 1794 sous le régime de la Terreur les persécutions contre les prêtres ayant refusé de prêter serment à la Constitution s’accroissent (prison, déportation…), à telle enseigne qu’une vingtaine d’entre eux ayant quitté les villes et villages de plaine trouvent refuge à Saint Symphorien-de-Mahun devenu officiellement Mahun Libre dans le cadre de la politique de déchristianisation.
La population cache et protège les prêtres réfractaires lorsque les gardes nationaux d’Annonay et autres révolutionnaires montent les arrêter tandis que la municipalité ferme les yeux. La commune est tellement sûre que l’évêque réfractaire Monseigneur d’Aviau y fait établir un séminaire clandestin de 1799 à 1802 qui sera transféré au couvent des Cordeliers d’Annonay après la signature du Concordat par le Premier Consul Bonaparte.