L’évolution de l’église de Veyrines depuis la fin du XIXème siècle

Nous allons essayer de retracer grâce à notre fond documentaire l’évolution de l’église de Veyrines entre la fin du XIXème siècle et le début du XXIème siécle.

 

L‘état de l’église à la fin du XIXème siècle
Provenant du fond d’archives du collège jésuite du Puy-en-Velay, cette photo qui n’est pas exactement datée nous permet de visualiser à quoi ressemblait l’église à cette époque alors qu’elle était encore assez souvent utilisée pour célébrer le culte divin.

– Un chancel situé au haut des marches fermait le coeur pour le séparer des espaces profanes comme dans toutes les églises avant le concile de Vatican II.
– Plusieurs oeuvres d’art sont installées au fond de l’abside fermant le coeur, possiblement en raison du mauvais état des voûtes des bras du transept ou de la toiture de la nef.
– Dans le bras sud du transept était installée une chaire en bois afin de permettre au prêtre de se rapprocher des fidèles lors du prêche.
– Dans la croisée du transept était accrochée à une colonne la statue le Christ en croix qui est actuellement au musée César Filhol à Annonay,
– Dans toute la nef, les murs étaient dotés d’un revêtement imitant le marbre et destiné à donner un aspect moins pauvre à l’église.

 

Les modifications du début du XIXème
Ces photos proviennent des articles publiés en 1927 et 1928 dans la Revue du Vivarais par l’historien Robert Poidebard, qui les a ensuite rassemblés dans son ouvrage « L’église de Veyrines XIIe siècle ». Nous n’avons pas plus d’informations sur la date à laquelle les prises de vue ont été réalisées.

Les photographies ne nous donnent que peu d’indications sur l’état extérieur de l’église de Veyrines :
– les vitraux originels semblent avoir été remplacés par des vitres classiques,
– le portail a l’air marqué par les intempéries mais semble presque encore entier,
– les colonnes encadrant le portail sont au nombre de 5 au lieu des 6 colonnes d’origine.

Pour l’état intérieur de l’église nous disposons de plus d’informations :
– le chancel qui fermait le coeur a été supprimé,
– le socle sur lequel était installé l’autel a été réduit en largeur,
– l’autel en bois du XVIIème siècle a été remplacé par un autel en pierre,
– la chaire n’est plus présente dans la croisée du transept.

Les pierres traînant au sol indique soit que des travaux sont en cours à ce moment là, soit qu’une partie de la voûte du bras sud du transept est entrain de s’effondrer.

 

Les grands dommages des années 40
Ces photos sont issues du fond André Broutechoux, le photographe qui a immortalisé le nord de l’Ardèche de l’après Seconde Guerre Mondiale et au-delà.

Les photographies nous montrent l’état extrêmement dégradé de l’église de Veyrines à la fin des années 1940 qui se caractérise par :
– l’effondrement total en plusieurs étapes de la toiture de la nef,
– la colonisation presque totale du sol de la nef par la végétation,
– la disparition de la plupart des vitres et vitraux,
– l’installation de la végétation sur les murs de la nef.

Cette dégradation n’est par récente puisque dans une lettre du 7 décembre 1936, l’architecte en chef des Monuments Historique mentionnait déjà : un portail jouant à faux, une maçonnerie dégradée et une partie de la toiture de la nef déjà effondrée.

Les objets liturgiques, le tableau, le Christ en croix ainsi que le mobilier (bancs et chaises…) ont du être retirés de l’église de Veyrines et transférés dans celle de Saint Symphorien-de-Mahun, qui a le même curé, au fur et à mesure de la dégradation progressive de l’édifice.

 

1951 : les débuts du sauvetage de l’église
Provenant également du fond André Broutechoux ces photos montrent le réalisation de la nouvelle toiture pour la nef de l’église de Veyrines en septembre 1951.

Ce n’est qu’en 1949 qu’un financement impliquant l’administration des Monuments Historique, le Conseil Général de l’Ardèche et la Municipalité de Saint Symphorien-de-Mahun a été trouvé, avec la participation des habitants pour l’évacuation des gravats et restes de toiture accumulés dans la nef de l’église.

Mais le mauvais état du chemin vicinal desservant le hameau de Veyrines et donc l’impossibilité de déplacer des équipements lourds de construction ont retardé le début des travaux en raison des difficultés pour trouver une entreprise voulant réaliser le chantier. Au final le transport des matériaux depuis la route départementale a été réalisé par les habitants de Saint Symphorien-de-Mahun avec leurs attelages et ce sont des maçons et des charpentiers de Bourg-Saint-Andéol qui ont réalisé le rejointage des murs et la nouvelle toiture.

 

1966-1971 : sortie de la ruine et de l’oubli
Là encore les photos proviennent du fond André Broutechoux et montrent les différents travaux de restauration réalisés sous l’égide des Amis de Veyrines et avec leur participation durant cette décennie.

Dès 1966-1967 fondation des Amis de Veyrines et début des travaux :
– décroutage des murs de la nef,
– restauration des bénitiers de l’église,
– fabrication et pose de la porte principale et de celle du transept sud,
– remise en état de l’encadrement des vitraux,
– construction du muret de pierre autour de l’ancien cimetière.

En 1968-1969 la restauration se poursuit :
– réparation de la toiture de l’église et du clocher,
– dallage intérieur de l’église (nef et coeur),
– maçonnage des fenêtres.

Durant les années 1970-1971 les travaux continuent :
– révision de la couverture du clocher et pose de deux gargouilles,
– rejointement angle et façades nord-ouest au mortier de chaux,
– relevage du doublage effondré dans la nef,
– piquage d’enduits dans l’abside depuis le sol du choeur jusqu’au bandeau,
– piquage et rejointement de la base du mur de l’église, limitrophe avec la grange ainsi que la base inférieure du clocher côté toiture de l’église.

Pendant l’année 1976 sont posés les nouveaux vitraux de l’église.

 

Durant les années 1980-1990 de nouveaux travaux sont réalisés :
– mise hors d’eau des absidioles contiguës aux bras du transept,
– interventions à plusieurs reprise pour réparer la toiture de la nef,
– électrification de l’église par ligne souterraine,
– restauration du tableau de Saint-François-Régis,
– mise en place d’une estrade derrière l’autel.

 

Derniers travaux en date : réalisation d’une nouvelle charpente pour la nef de l’église en 2016.

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