Compte-rendu du concert du duo Azalaïs

Compte-rendu du concert du duo Azalaïs

En raison d’une météorologie défavorable (averses orageuses), le public qui s’est rendu dans l’église de Veyrines pour assister au concert, était assez réduit. Néanmoins, les amateurs de musique étaient impatients de découvrir des mélodies médiévales (XIIème et XIIIème siècles principalement) chantées dans des langues romanes anciennes ou actuellement peu pratiquées.

En préambule à chaque oeuvre musicale, la chanteuse et spécialiste des littératures anciennes provençales et occitanes, Cécile Magrini, l’a présenté au travers de son histoire (lieux ou aire d’origine), de sa langue et éventuellement de son auteur ou compositeur. Elle était accompagné à la guitare ainsi qu’à la guitariole* par son frère Vincent, à la fois musicien et chanteur, mais également au chant en duo pour certains morceaux.

La programmation du concert a été structurée comme suit :
– la chanson de mai célébrant, en provençal rhôdanien, le retour du printemps, la fertilité et le renouveau de la communauté villageoise, « Vaqui lou poulit mes de mai »,
– la chanson de fileuse en gascon du Rouergue « Bèla fialaira », dont les différentes couleurs de fil sont évocatrices des événements heureux et tragiques de la vie,
– la chanson écrite par Pierre d’Auvergne (Peire d’Alvernha) sur une musique du troubadour Peirol (2ème partie du XIIème siècle), chanson ayant pour thème le rossignol messager des amoureux « Rossinhols, el seu repaire »,
– la chanson du Limousin de la 2ème partie du XIIème siècle, écrite par le grand troubadour Bernard de Ventadour « Can vei la lauzeta mover » sur le thème de l’alouette,
– la chanson gallego-portugaise du début XIIIème de type Canti de Amigo (chant d’attente de l’ami parti à l’aventure) « Ai flores, ai flores de verde pino », chanson écrite par le roi Dinis du Portugal,
– la chanson gallego-portugaise anonyme du début XIIIème siècle « Quantas sabedes amar amigo », elle fait partie de l’ensemble des chansons du Parchemin Vindel consacré aux 7 états de l’attente,
– le cantique à Sainte-Marie (un des nombreux cantigas de Santa-Maria) écrit au XIIIème par Alphonse X le Sage roi de Castille, chant utilisé dans le cadre de danses sacrées dans les églises du nord de l’Espagne et du sud de la France,
– la chanson provenant du Romancero Catala (du XVème au XVIIème siècle) consacrée à la beauté fatale qui confine à la magie : « La Dama d’Aragó »,
– la chanson en ladino ou judéo-espagnole (langue de la communauté séfarade qui a quitté l’Espagne au XVème siècle) « Ya Salio de la Mar la Galana », chant dédié à la cérémonie de fiançailles en bord de mer avec la fiancée qui rentre dans les flots, tandis que le fiancé attend sur la berge pour la rejoindre,
– la chanson en romanesque (dialecte de Rome) « A tocchi a tocchi la campana sona » créée entre le XVème et le XVIIème siècle sur le thème du tocsin prévenant la population du danger, au XVIIIème la chanson est utilisée par les prisonniers pour faire passer des messages à leurs proches,
– la chanson en salentino (langue de la péninsule du Salentino, dans les Pouilles italiennes) « Oh Rondinella ci », chant sur l’attente de celui qui est parti au loin et sur l’attente d’une lettre avec le retour des hirondelles symboles de la migration et porteuses de nouvelles,
– la chanson en griko salentino (langue de la communauté grecque établie dans le Salentin) « Oria mou Rindinella » ou « Aremu Rindineddha », métaphore de l’exil et de la quête du pays natal,
– la chanson du Salentino sur le thème d’une histoire d’amour contrariée d’une jeune fille : « Questa Mattina »,
– la chanson en ladino ou judéo-espagnol qui se présente sous la forme d’une prière d’un enfant à sa mère pour qu’elle ne le dévore pas : « Una madre comió asado ».

Comme pour tout concert organisé par Les Amis de Veyrines, une buvette était organisée pour permettre au public d’échanger autour d’un verre avec Vincent et Cécile Magrini.

* La guitariole est une guitare qui est jouée avec un archet, c’est un instrument à cordes qui a été créée par Vincent Magrini en collaboration avec un luthier.

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