Interview par Les Amis de Veyrines du choeur Asculta

Pour vous permettre de découvrir en avant-première l’ensemble vocal lyonnais Asculta dédié au chant polyphonique corse, Les Amis de Veyrines ont interviewé Fabien Haug, l’un de ses cofondateurs.

Un choeur lyonnais interprétant des polyphoniques corses est pour le moins atypique. Quand et comment est née votre formation chorale ?

Choriste dans différentes choeurs lyonnais, dont le Concert de l’Hostel Dieu, j’aspirais de façon presque métaphysique à chanter le répertoire corse que j’avais connu découvert grâce à Canta U populu corsu dont un ami m’avait offert une cassette piratée quand j’étais chez les scouts (nous fîmes d’ailleurs notre camp d’été, le seul de ma vie, en Corse cette année-là). 

Bien des années après, au printemps 2008, j’ai fait venir un professionnel de Marseille, Jean-Pierre Giorgetti, pour animer un stage de chant corse à Lyon dans les locaux de la paroisse Saint Polycarpe. Ce stage a bien marché, et à l’issue de celui-ci, nous nous sommes retrouvés à cinq sur la place des Terreaux en ce dimanche d’avril, cinq à s’être dits : « on continue ». Le lendemain, par un heureux hasard, j’obtenais de la paroisse Saint François de Sales l’autorisation de répéter dans l’église éponyme moyennant deux permanences mensuelles à assurer pour l’ouverture de l’église. Nous avions la volonté, le lieu de répétition, et nous avons commencé à travailler. 

Que signifie le nom de votre groupe choral Asculta et pour quelle raison a t’il été choisi ?

Ce nom a été trouvé par un ex chanteur du groupe. La question de le garder a fait débat car nous nous demandions s’il fallait ou pas prendre un nom à consonnance corse car en aucune façon nous ne voulions nous faire passer pour un groupe insulaire. Asculta, cela signifie « l’écoute ». C’est une façon de dire que nous sommes à l’écoute de la tradition corse, sous-entendu que nous n’en sommes pas issus : il s’agit donc là d’une façon détournée de dire que nous sommes un groupe de chant corse composé à majorité de non corses. 

L’ensemble vocal Asculta interprète des chants polyphoniques corses profanes ou sacrés ?

Il n’y a pas de coupure entre le sacré et le profane dans la tradition corse, et sur place la religion est beaucoup plus présente, fait davantage consensus, et la laïcité est moins intransigeante que sur le continent. Les pièces sacrées s’enracinent dans les anciennes formes latines de la messe, encore bien présentes aujourd’hui dans les paroisses de rite traditionnel qui sont une des composantes les plus vivantes de l’Eglise actuellement. Les chants profanes sont des motets qui évoquent des scènes très diverses, avec une dimension poétique incontestable. 

©Asculta

Comment peut-on définir pour les profanes le chant polyphonique corse ?

Vous aurez toutes les explications voulues au concert. 

Les églises se prêtent-elles particulièrement à l’exercice du chant polyphonique corse ?

Oui, incontestablement, le chant corse a une très forte dimension catholique et l’acoustique des églises le magnifie. Sa pratique s’enracine dans les confréries pieuses, associations catholiques de laïcs attachées aux paroisses, en pleine renaissance, j’en parlerai plus en détail. Mais les même chanteurs, une fois sortis de l’église, se retrouvent au bistrot du village ou en plein air pour chanter les nombreuses pièces profanes du répertoire. 

Votre ensemble vocal s’est il déjà produit sur la terre d’origine des polyphonies corses ?

Non, pas encore. 

©Asculta

Votre groupe polyphonique s’est il déjà produit dans le nord Ardèche ou chantez vous principalement dans la région lyonnaise ?

Dans la région lyonnaise, et pendant une période, plusieurs concerts en Saône et Loire, un en Auvergne. Le plus proche concert que nous ayons fait dans votre secteur a eu lieu à Pélussin, organisé par monsieur Régis Boutet dont je salue la mémoire. Après une période de relatif sommeil, le groupe s’est reconstitué en accueillant Gilles, et nous avons plusieurs propositions à réactiver. 

Enfin question rituelle des Amis de Veyrines : connaissez-vous l’église de Veyrines et son hameau ?

Oui de nom, car je suis assez familier de Lalouvesc et de son petit sanctuaire. Mais je n’avais jamais remonté la petite vallée qui mène de Satillieu à Veyrines et suis heureux que nous découvrions le hameau et son église à l’occasion du concert que vous avez eu la gentillesse de nous programmer. 

INFORMATIONS PRATIQUES :
Organisation : Les Amis de Veyrines
Localisation : Eglise de Veyrines
Billetterie : Libre participation
Parking : Dans le hameau et à proximité (sur les bas-côtés de la route d’accès)


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