Sauvegarde et restauration du mobilier liturgique

Avant même sa dessacralisation à la fin du XIXème siècle, l’entretien de l’église de Veyrines n’était plus réalisé en raison de la fusion de cette paroisse avec celle voisine de Saint Symphorien-de-Mahun dans le cadre de la réorganisation ecclésiale napoléonienne (concordat de 1801). Dès 1818 avec le décès du prêtre desservant le paroisse le culte dominical n’est plus assuré à Veyrines mais uniquement dans l’église de Saint Symphorien-de-Mahun et plus aucun budget n’est alloué à l’entretien de l’église de l’ancien prieuré.

Une église dépouillée et abandonnée

En 1838-1939 les habitants de Veyrines, qui voulaient faire renaître leur paroisse, réparèrent leur église et réclamèrent à l’évêque de Viviers la nomination d’un prêtre. Dans ce but il essayèrent en vain d’obtenir la restitution d’une cloche installée depuis plus de 30 ans dans le clocher de l’église de Saint-Symphorien.
Bien que les habitants de Veyrines aient rassemblé une somme conséquente pour l’achat et l’installation en 1840 d’une nouvelle cloche, bénie en 1840 par le curé de Saint Symphorien-de-Mahun, le culte ne fut assuré de nouveau dans l’église Sainte-Marie par l’un de ses vicaires que lors des principales fêtes religieuses.

La déssacralisation de l’église de Veyrines au début du XXème siècle va d’autant plus accélérer le phénomène de dépouillement de l’église de Veyrines au profit de celle de Saint Symphorien de Mahun que la première se dégrade très sérieusement. Durant les années 1940 l’effondrement partiel puis total du toit de la nef entraîna l’évacuation de la plus grande partie du mobilier liturgique encore présent dans l’église.

La recherche du mobilier liturgique

Aucun inventaire du mobilier liturgique de l’église de l’ancien prieuré n’étant disponible il est difficile de savoir ce qu’est devenu l’ensemble du mobilier liturgique même si les Amis de Veyrines ont pu identifier, localiser, retrouver voir faire restaurer certains des équipements

Difficile à déplacer et non nécessaires aux églises alentours déjà équipées, le mobilier liturgique en pierre (autel principal, bénitiers…) n’a pas quitté l’église Sainte-Marie. Bien que cachée pendant la seconde guerre mondiale pour éviter qu’elle ne soit réquisitionnée par l’occupant, la cloche de l’église de Veyrines a été réinstallée dans son logement d’origine au cours des années 1970, période durant laquelle ont également été remontés les bénitiers.

A contrario, le mobilier liturgique en bois a été dispersé depuis bien longtemps et nous ne retrouvons que quelques éléments qui ont été sauvegardés.
Le Christ en croix du XVIIème siècle bien qu’ayant perdu ses bras et sa croix a été restaurée et se trouve au Musée César Filhiol d’Annonay, une photo avec un panneau de présentation est présente dans l’église de Veyrines :


Un Christ en croix plus récent qui était présent jusqu’en 1928 à Veyrines est maintenant installé dans l’église de Saint Symphorien-de-Mahun.

Le mobilier liturgique restauré

Dès 1966 et la fondation de l’association des Amis de Veyrines la sauvegarde du patrimoine bâti, liturgique, statuaire et picturale a été au coeur de l’action déployée par ses adhérents.
Dans les années 1970 le portrait de Saint Jean-François Régis avait été restauré afin de pouvoir être de nouveau exposé dans l’église.

Une restauration d’ampleur du mobilier liturgique vient d’être terminée : l’autel du XVIIIème siècle vient de retrouver l’une des chapelle latérale dans laquelle il était préalablement installé. Il s’agit d’un travail de restauration très minutieux qui a été réalisée par des artisans d’art sur cet imposant autel en bois massif.

Stéphane Bern au secours du patrimoine ardéchois

Tel est le titre choisi par le Réveil du Vivarais pour présenter son article dédié au tournage par France 2 à Veyrines d’un reportage le 3 juillet relatif au projet de restauration de La Maison de Marcel.

Un projet soutenu par la Mission Patrimoine de Stéphane Bern

Mise en place par la Présidence de la République afin de trouver des solutions de financement de la sauvegarde du patrimoine en déshérence (patrimoine rural, sites industriels, patrimoine non classé…) la mission dirigée par Stéphane Bern a très rapidement travaillé sur des pistes innovantes et commencé à recevoir des demandes de financement.
Les Amis de Veyrines ont donc constitué dès l’automne 2017 un dossier de demande de financement comprenant une présentation de leur projet de restauration d’une ferme typique du Piémont ardéchois : La Maison de Marcel.

Après de premières nouvelles encourageantes reçues durant l’hiver, les bénévoles de l’association ont eu le plaisir d’apprendre officiellement au début du mois de juin 2018 que La Maison de Marcel était l’un des 270 projets de sauvegarde du patrimoine retenu par la mission Stéphane Bern.

Un co-financement par le Loto du Patrimoine

Afin de financer une partie des travaux de restauration, Les Amis de Veyrines avaient dés septembre 2017 une opération de financement participatif et collecté 14 000 €. Cette réussite de l’opération de financement avec la plateforme Dartagnans a permis à l’association de recevoir un co-financement départemental issu du Fond Innovant pour le Patrimoine Ardéchois.

Le mode de financement complémentaire dont bénéficieront Les Amis de Veyrines grâce à la Mission Stéphane Bern est une nouveauté en France : le Loto du Patrimoine. Organisée par La Française des Jeux en collaboration avec la Fondation pour le Patrimoine, cette loterie spécifique aura lieu chaque année lors des journées du patrimoine afin de financer sa sauvegarde.

La médiatisation de la Maison de Marcel

Afin de faire connaître les monuments en péril et motiver le grand public à participer au financement de leur sauvegarde soit au travers de billets de loterie soir par des dons à la Fondation pour le Patrimoine, la mission Patrimoine en liaison avec France 2 a préparé une campagne de communication.

Ainsi à Veyrines c’est ce 3 juillet 2018 qu’une équipe de France 2 est venue réaliser un reportage sur La Maison de Marcel. Au programme de l’équipe : plans et extérieurs, plans d’ensemble de la maison, de l’église et du hameau de Veyrines, interview de la présidente des Amis de Veyrines…

Soirée cinéma sur le thème du pain

Connu de tous et consommé dès l’enfance, le pain est pour pour la plupart d’entre nous un produit standard auquel l’on prête finalement peu d’attention et que l’on connaît mal. Jean-Philippe de Tonnac lui a consacré un dictionnaire universel qu’il viendra présenter lors de la soirée cinéma des Amis de Veyrines consacrée au pain.
Une discussion avec plusieurs boulangers installés dans les villages alentours s’ensuivra, sans doute autour du thème du renouveau du « vrai » pain avec ses valeurs nutritives, les céréales anciennes utilisées pour sa production, la diversité des céréales utilisables pour la panification…

Organisée en collaboration avec Montmiandon Films, la soirée comportera à la fois la projection d’un documentaire sur un boulanger-paysan engagé dans la sauvegarde de la biodiversité et la transmission du savoir panaire, et la projection d’une comédie dramatique des années 1950 avec Fernandel consacrée à la crise que travers le village de Valorgue lorsque le boulanger se fâche avec une partie des habitants.


(Crédit Anne Le Cozannet-Renan)

En savoir plus :
Page Facebook de Jean-Philippe de Tonnac : https://www.facebook.com/jeanphilippe.detonnac
Page Facebook de Montmiandon Films : http://www.montmiandonfilms.org
Site Internet de Montmiandon Films : https://www.facebook.com/montmiandonfilms

Date :
Mardi 28 Juillet à 17h00

Au programme de la soirée :
– 17H00 : projection de documentaire sur Nicolas Supiot, paysan-boulanger
– 17h30 : conférence de Jean-Philippe de Tonnac suivie d’une discussion avec des boulangers locaux
– 19h30 : buffet tartines payant (dégustation, vente de pains)
– 21h00 : film de Henri Verneuil : Le boulanger de Valorgue (1953)

Entrée : 10 €
Repas payant et sur réservation
Pour plus d’informations : https://lesamisdeveyrines.org/informations-reservations

Localisation :
Salle polyvalente de Saint Symphorien-de-Mahun (Ardèche)

François Morel chante la vie pour les Amis de Veyrines

« Raconter des histoires, encore et toujours… Qu’est ce que je peux faire d’autre? (Je ne sais pas quoi faire d’autre…)
Ce serait le spectacle qui viendrait juste après la fin du monde. Raconter des histoires, mais cette fois-ci en chansons… »

Est-il besoin de présenter François Morel ?
On l’a vu à la télévision (les inoubliables Deschiens !..), au cinéma, au théâtre, on l’entend à la radio : il parle, il chante l’amour, le quotidien, l’absurdité qui nous dépasse. Il nous rend la vie un peu plus jolie.
Ce spectacle convivial, tonique, émouvant, est adapté de son nouveau récital, en tournée dans toute la France. Il est accompagné au piano par Antoine Sahler, son fidèle complice depuis 2009.

En savoir plus :
Facebook : https://www.facebook.com/francoismorelofficiel
Site Internet : http://www.francoismorel.com

Date :
Lundi 23 Juillet à 19h30

Au programme :
Spectacle exceptionnel de François Morel (90 mn)
Suivi d’un repas sur réservation

Entrée :
15 € pour le spectacle
Repas payant (13 €)
Pour réserver : https://lesamisdeveyrines.org/informations-reservations

Localisation :
Dans le village de Saint Symphorien-de-Mahun (Ardèche)
Parking public en haut du village

Recommandations :
Prévoir coussins ou sièges voire parapluie en fonction de la météorologie

Concert du Quatuor Bergen

Ce concert de découverte du quatuor à cordes est organisé dans le cadre du Festival Cordes en ballade, qui se déroule chaque été au mois de juillet à travers toute l’Ardèche et dont la direction artistique est assurée par le Quatuor Debussy qui s’investit depuis son origine dans la formation et l’insertion de jeunes quatuors à cordes en vue de leur transmettre les savoirs qu’il a lui-même reçus des grands maîtres.

Le Quatuor Bergen a été créé en 2015 par Mathilde Klein (violon), Sakkan Sarasap (violon), Mirabelle le Thomas (alto) et Hanna Salzenstein (violoncelle), participe à la saison musicale de l’association « Jeunes Talents » depuis septembre 2017 et a rejoint le cycle spécialisé que le Quatuor Debussy dirige au Conservatoire de Lyon.


(Crédit Dimitri Scapolan)

En savoir plus :
Facebook : https://www.facebook.com/quatuorbergen/
Jeunes Talents : https://www.jeunes-talents.org/ensembles/1105/Quatuor-Bergen

Date :
Mardi 17 Juillet à 20h00

Au programme : (60 mn)
W.A. Mozart, quatuor KV.172
C. Debussy, quatuor opus 10
D. Lampel, Danse macabre – Chorea Macabaeorum

Entrée :
Libre de participation
Pour plus d’informations : https://lesamisdeveyrines.org/informations-reservations

Localisation :
Eglise de Veyrines (Saint Symphorien-de-Mahun, Ardèche)

Les Vacances Barrées du Montreur

SPECTACLE ANNULE

Suite à un burn-out, Roger s’est vu prescrire 15 jours de repos complet. N’ayant jamais pris de vacances de sa vie, il en profite pour enfin s’offrir les vacances de ses rêves : un périple en camping-car ! C’est néanmoins en compagnie de ses marionnettes que le Montreur va tenter d’oublier les tracas quotidiens qui l’ont miné pour ceux, plus exotiques (mais pas moins barrés) des congés payés.

Et c’est pas gagné : entre une séance de bronzage sur le grill, un abandon de famille illico au bord de la route ou un GPS qui philosophe, Roger aura fort à faire pour trouver un instant de répit… Au final, les vacances ça n’est pas forcément ne rien faire, c’est surtout faire autre chose, autrement !

Spécialiste des spectacles de manipulation en tout genre, Le Montreur revient pour un « seul en scène » tout terrain avec ses marionnettes
En savoir plus :
Page Facebook de la Compagnie : https://www.facebook.com/LeMontreur
Site Internet de la Compagnie : http://www.lemontreur.org
Page Facebook de l’Organisateur : https://www.facebook.com/quelques.parts.apsoar
Site Internet de l’Organisateur : http://www.quelquesparts.fr/

Date :
Jeudi 28 Juin à 18h30 (SPECTACLE ANNULE)

Au programme de la soirée :
– Dés 18H00 : visite du site et présentation/échanges autour du projet de La Maison de Marcel.
– 19h30 : spectacle (50 mn) par un spécialiste de manipulation en tous genres avec ses marionnettes de rue.
– 20h30 : pique-nique

Entrée libre
Covoiturage conseillé depuis Saint Symphorien-de-Mahun en raison d’un nombre de places de parking limité à Veyrines
Pour plus d’informations : SPECTACLE ANNULE

Localisation :
Veyrines – Maison de Marcel (Saint Symphorien-de-Mahun, Ardèche)

L’évolution du portail de l’église

Il n’est pas possible de savoir à quoi ressemblait le portail originel de l’église de Veyrines car il était en bois donc périssable, et nous le savons d’autant moins que la façade occidentale actuelle date de l’agrandissement de l’église au XIIème siècle.
Cependant l’église ayant été dessacralisée à l’aube du XXème, les travaux d’entretien d’une toiture déjà ancienne ont sans doute été totalement abandonnés à cette époque là, d’autant plus que Saint Symphorien-de-Mahun était une commune pauvre de montagne qui avait déjà son église paroissiale à entretenir.
Nous allons donc retracer avec quelques photos l’évolution du portail de l’église de Veyrines entre la fin des années 1940 et la fin des années 2010.

 


Dans dans les années 30-40 l’état de dégradation de la façade au niveau du portail est déjà très important :
– un partie des panneaux en bois ont disparu sur les deux battants de la porte de l’église,
– sur le côté gauche du portail il manque deux des colonnettes décoratives situées au-dessous de l’archivolte à triple voussure.

 


Au début des années 1950 la pose d’une nouvelle toiture sur la nef s’est accompagnée d’une réparation temporaire du portail pour éviter l’intrusion d’animaux, qu’ils soient sauvages ou domestiques.
Mais c’est toute la partie de la façade occidentale entourant la porte qui nécessite une remise en état : joints ayant « fondu », pierres de tailles cassées…

 



A la fin des années 60 le portail a été restauré par un artisan avec la réalisation d’une structure comportant des panneaux de bois de même taille et de même nature que sur l’ancien portail avec les différents motifs sculptés pareillement.

 



Dans les années 1960 des travaux de restauration de la façade occidentale ont été réalisés au niveau du portail : réfection de joints dissous par le temps, réparation des pierres de taille fracturées…

 


Le prochain chantier des Amis de Veyrines consistera à conserver en l’état les colonnettes situées de part et d’autre du portail. Réalisées en pierre tendre elles ont perdu beaucoup de substance au fil des siècles au niveau de leurs fûts, tandis que sur leurs chapiteaux et plus encore sur leurs socles les motifs sculptés ont en grande partie disparu.
Un traitement stabilisateur de la pierre (molasse) devra être réalisé dans les années à venir afin de stopper leur dégradation.

 

Visite guidée des donateurs pour la Maison de Marcel

C’est sous un soleil radieux qu’une dizaine de donateurs ont participé à la visite de Veyrines et de Saint Symphorien-de-Mahun avec pour guide l’historien des Amis de Veyrines : Jean-Marc JANIN .

La visite guidée a commencé à partir de 10h30 par la découverte de l’église de Veyrines avec ses caractéristiques architecturales (plan en croix, tryptique nef-transept-choeur), sa décoration (chapiteaux sculptés, portail…) ainsi que le magnifique point de vue qu’elle offre sur toute la vallée du Nant et au-delà depuis son clocher.
Une présentation du projet de restauration de la Maison de Marcel a ensuite été faite avec une visite de celle-ci pour visualiser l’étendue des travaux à réaliser.

Les visiteurs ont ensuite fait honneur au déjeuner préparé par Patricia en mettant à profit le beau temps pour se restaurer installés à la terrasse de son café-restaurant : Lou Sanfourio.

En début d’après-midi Jean-Marc JANIN a conduit ses hôtes vers l’ancien château de Mahun afin d’en découvrir les vestiges, l’intérêt de son site et sa magnifique vue sur le village, la vallée du Nant et le hameau de Veyrines avec son église classée.
La visite s’est terminée par l’exploration du village de Saint Symphorien-de-Mahun et notamment de son église, soeur de celle de Veyrines, et qui bien que romane possède une belle chapelle gothique.

L’évolution de la nef de l’église

Depuis la construction de l’église de Veyrines au XIème siècle sa nef a toujours été close dans sa partie supérieure par une toiture composée d’un charpente en bois supportant des menuiseries de types poutres et planches sur lesquelles étaient posées les tuiles canal dites « romaines » permettant l’évacuation de l’eau.
Cependant l’église ayant été dessacralisée à l’aube du XXème siècle les travaux d’entretien d’une toiture déjà ancienne ont sans doute été totalement abandonnés à cette époque là, d’autant plus que Saint Symphorien-de-Mahun était une commune pauvre de montagne qui avait déjà son église paroissiale à entretenir.
Nous allons donc retracer avec quatre photos l’évolution de la nef de l’église de Veyrines entre la fin des années 1940 et la fin des années 2010.
 

Datant de la fin des années 1940 cette photo montre une nef dévastée avec sa toiture effondrée, la végétation qui pousse sur le sol, des vitraux qui ont disparu, un portail qui ne ne ferme plus et un revêtement de mur, imitant le marbre, en très mauvais état. Il ne semble rester de toute la toiture de la nef qu’une rangée de tuiles implantée dans le mur du clocher et que l’on voit tout en haut de la photo.
L’absence de débris de charpente et de toiture au sol indique que le déblaiement de la nef avait été déjà fait, sans doute par les habitants de Veyrines, et que la photo a été prise peu avant le début des travaux de pose de la nouvelle charpente qui a été inaugurée en septembre 1951.
 

Datant de la fin des années 60 ou du début des années 70, cette photo montre l’ensemble charpente-toiture de la nef réalisé grâce au financement des collectivités territoriales (Municipalité de Saint-Symphorien-de-Mahun, Conseil Général de l’Ardèche) et avec l’aide très active des habitants.
A partir de 1966 un nouvel acteur intervient pour contribuer à la sauvegarde de l’église : l’Association des Amis de Veyrines. Dans les années qui suivent elle réalisent des travaux complémentaires de restauration de l’église : décroutage du sol, enlèvement du revêtement en faux marbre, réparation du portail, remplacement des vitraux, réinstallation des bénitiers…
 

Datant sans doute du début des années 2000, cette photo montre une nef dont les travaux de restauration ont été terminés. Néanmoins la toiture posée en 1950 fuit et une partie des bois sont en mauvaise état en raison d’infiltrations d’eau. De surcroît la charpente de l’après seconde guerre mondiale avait été réalisée dans le cadre de ressources financières très limitées, elle n’était donc pas « en accord » avec les caractéristiques architecturales romanes de l’église de Veyrines.
 

Datant de 2016 cette photo montre la nef avec sa nouvelle toiture dont la très belle charpente en plein cintre qui a été posée en 2015. La technique de charpenterie est celle de lla charpente-diaphragme, elle a été réalisé selon les modèles de charpentes d’églises des XIVème et XVème siècle situées dans la vallée du Rhône et dans le Haut-Vivarais : chapelle Saint-Sornin de Serrières de venue le Musée des Mariniers, ancienne église de Saint-Jean-de-Muzols… (confère le rapport de recherches archéologiques suivant : https://journals.openedition.org/adlfi/1904).

Réponses du Quizz sur le prieuré de Veyrines

Voici la liste de réponses pour le quizz sur le prieuré de Veyrines que nous avons déjà posté sur notre page Facebook en 2018.

Question N° 1 : Qu’est ce qu’une abbaye ? Qu’est ce qu’un prieuré ?

Ce sont dans les deux cas des communautés monastiques catholiques qui rassemblent dans des monastères des hommes ou des femmes qui mènent une vie commune faite de prière et de travail et ont fait voeux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance pour le restant de leur vie.
Dirigée par son propre chef spirituel et temporel appelé Abbé, l’abbaye est indépendante de l’évêché et de l’archevêché et de plus elle est autonome financièrement. Elle est affiliée à un ordre monastique prééxistant (Clunisiens, Cisterciens, Carmes, Dominicains, Augustines, Bénédictines…) qui coordonne la vie de tout l’ordre.
Dirigé par un responsable religieux et civil appelé Prieur, le prieuré est dépendant à la fois religieusement et financièrement d’une abbaye et donc à travers elle d’un ordre monastique.
Le prieuré est en général une communauté monastique de plus petite taille qu’une abbaye, tant en terme de nombre de moines ou de moniales qu’en matière de taille du domaine lui appartenant.

Question N° 2 : De quelle abbaye dépendait le prieuré de Veyrines ?

Il s’agit bien évidement de l’Abbaye de Saint-Chaffre du Monastier-sur-Gazeille dans le Velay (Haute-Loire), qui était à l’époque de la création du prieuré de Veyrines une abbaye importante dans le Royaume de Bourgogne et d’Arles

Question N° 3 : Qu’est ce qu’un plan d’église en croix latine ?

Si l’on entre un peu dans les détails le plan d’église en croix latine se caractérise par trois parties principales :
– La nef (avec ou sans bas-côtés séparés par des piliers ici symbolisés par des points noirs) ou sont installés les catholiques durant la messe, c’est la partie la plus grande de l’édifice et elle est orientée à l’ouest.
– Le transept qui est perpendiculaire à la nef et qui la clôt à l’est, il s’organise en trois parties : le bras (ou croisillon) nord, la croisée du transept à l’intersection avec la nef et enfin le bras ou croisillon sud.
– Le choeur orienté à l’est en direction de Jérusalem est la partie la plus sacrée car c’est celle qui comporte l’autel. Le choeur a la forme d’une abside (plus ou moins un demi-cercle) et il est entouré d’un déambulatoire qui, comme l’auront compris les esprits les plus perspicaces de notre siècle, sert à déambuler. Il dessert les chapelles construites sous forme d’absidioles sur la façade est de l’église.
.
Les plans d’église en croix latine existent depuis le Xème-XIème siècle et se sont pleinement développé dans le cadre de l’architecture religieuse romane.

Question N° 4 : Avec quelles caractéristiques (4 ou 5) définir l’architecture romane ?

Principalement religieuse mais aussi civile, l’architecture romane se développe du Xème au XIIIème siècle dans toute l’Europe occidentale (France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Angleterre, Espagne, Italie…) avec quelques caractéristiques reconnaissables pour les églises.

Caractéristique N° 1 : Un plan en croix latine avec le tryptique nef-transept-coeur, du plus profane au plus sacré.
Caractéristique N° 2 : Un chevet (il ferme la partie la plus sacré de l’édifice et est orienté vers l’est) sur lesquel sont greffées des chapelles en nombre croissant au fil du temps.
Caractéristique N° 3 : Les toitures sont réalisées sous forme de voûtes en berceau ou de coupoles à trompes reposant sur des arcs en plein ceintre.
Caractéristique N° 4 : La façade occidentale, que les fidèles utilisent pour entrer dans l’église, s’agrandit et devient de plus en plus monumentale. Le portail d’agrandit et s’enrichit avec un tympan en pierre qui le surmonte et qui de plus en plus de plus en plus décoré par un agencement recherché de pierre puis par une décoration de plus en plus riche (statues, scènes bibliques sculptées…).
Caractéristique N° 5 : Les ouvertures (fenêtres, portes) sont de petite taille en dehors du portail monumental.

Les fenêtres sont souvent ébrasées (plus larges du côté intérier de l’édifice que du côté extérieur) pour accroître la luminosité tout en limitant la taille des ouvertures et donc l’entrée du froid l’hiver.
L’intérieur des édifices romans, cela concerne notamment des plus anciens, restent en général sombre.

Question N° 5 : Quelle est la date de la construction de l’église de Veyrines ?

Nous n’avons pas de date exacte de construction de l’église de Veyrines. Notre repère chronologique le plus précis est la date de la donation de l’église et de ses terres, par Aymon Pagan seigneur de Mahun, à l’Abbaye de Saint-Chaffre pour en faire un prieuré : 1090.

L’église existait déjà semble t’il vers 1050 d’après les traces manuscrites les plus anciennement identifiées. Elle devait servir d’église paroissiale dans la vallée du Nant car le village actuel de Saint-Symphorien n’existait pas encore et le disparu château de Mahun n’avait pas encore sa propre chapelle.

Question N° 6 : Qu’est ce que le Vivarais Viennois ?

Lors de la création des diocèses épiscopaux (IIème – VIème siècle), les délimitation des territoires des évêchés sont calqués sur celles des subdivisions territoriales de l’administration romaine appelées diocèses.
Le futur Haut-Vivarais relève alors du diocèse et archidiocèse de Vienne pour sa partie septentrionale (au nord du Doux) et du diocèse de Valence pour sa partie méridionale (entre le Doux et l’Eyrieux). Sur ces subdivisions religieuses, l’empire carolingien a créé des subdivisions administratives civiles appelées pagi qui sont administrés par des comtes.
Ainsi les évêques-archevêques de Vienne sont également comtes du Viennois et sont donc également suzerains dans une partie du Haut-Vivarais et au-delà (le Pilat, une partie du Velay) jusqu’au XIème siècle.
Les archevêques seront dépossédés de leur suzeraineté au XIIème et XIIIème siècle par les familles nobles qu’ils ont nommés comme responsables de la défense, de la justice et de l’administration : les comtes d’Albon devenus Dauphins du Viennois au sud du Comté de Vienne ET les comtes de Maurienne devenus Comtes de Savoie qui ne se reconnaissent que vassaux de l’empereur du Saint Empire Romain Germanique.

Question N° 7 : A quelle principauté appartient le Vivarais Viennois ?

Dans le cadre du traité de Verdun ou ses trois petits-fils découpent l’empire de Charlemagne en 3 royaumes, le comté de Vienne et son extension en Haut-Vivarais font partie de la Lotharingie dont le roi a aussi le titre d’empereur bien que vidé de sa substance.
En 855 à la mort du roi Lothaire, ses fils se partagent son royaume et Charles devient roi de Provence (ou basse-Bourgogne : de Mâcon à la Méditerranée). Malgré des partages temporaires, le Royaume de Provence se maintient avec quelquefois l’appellation de Royaume de Vienne.

En 933 le roi de Bourgogne Transjurane (au-delà du Jura), Rodolphe II récupère la couronne de Provence et prend le titre de Roi de Bourgogne et d’Arles. Son royaume s’étend alors des rives du Doubs à la Méditerranée et comprend ses terres familiales de Bourgogne, d’Alsace, d’Helvétie, de Souabe et de Brisgau.
En 1032 son dernier descendant Rodolphe III, sans héritier mâle lègue son royaume à son neveu Conrad II le Salique qui a été élu à la tête du Saint Empire Romain*.

A partir de 1040 et jusqu’en 1366 les empereurs germaniques sont donc également rois de Bourgogne et d’Arles, ou prenent la plus simple titulature de Rois d’Arles. L’éloignement, notamment de la partie provençale du royaume, ne leur d’exercer pleinement leur pouvoir alors qu’ils sont fréquemment occupés par les querelles politico-militaires voir religieuses en Italie, l’extension de l’empire sur les marches de l’Est (Pologne, Bohème, Hongrie) ou par les révoltes périodiques de vassaux et/ou de princes germaniques.
A partir de 1250 l’autorité impériale sur le Royaume de Bourgogne et d’Arles n’est guère plus que nominale avec de grands féodaux (Comtes de Savoie, Dauphins du Viennois, Comtes de Provence, Comtes de Forcalquier…) qui la reconnaissent à peine. Durant tout le XIIIème et XIVème les rois de France développent leur implantation dans les zones frontalières du Royaume d’Arles au moyen : de la reconnaissance de leur suzeraineté par un nombre grandissant de seigneurs, du recours à la justice du Roi ainsi que du patronage royal d’établissements religieux

*Le Saint Empire Romain ou Saint Empire Romain Germanique rassemble principalement les principautés germaniques et se veut la continuation de l’empire carolingien et de son lointain ancêtre l’empire romain.

Question N° 8 : Qui étaient les suzerains de la famille Pagan de Mahun ?

Seigneurs dans le Vivarais Viennois, les Pagan étaient vassaux au XIème et XIIème siècles des Comtes d’Albon-Viennois devenus vers 1150 Dauphins du Viennois. Ces derniers s’intéressent plus à l’extension de leur principauté en direction de l’est (Alpes) et du sud (Diois) qu’à leurs fiefs du Vivarais.
Il est possible que les Dauphins aient vendu au XIIIème siècle leurs fiefs vivrois aux comtes du Valentinois déjà bien possessionnés localement avec les seigneuries de la Voulte, Lamastre, le Cheylard, Mézenc…
Toujours est t’il qu’à partir de 1243 c’est aux comtes du Valentinois que les Pagan rendent hommage pour la seigneurie de Mahun.

Question N° 9 : Pourquoi certains seigneurs donnaient un église avec son domaine (terres, taxes, droits de justice) à une communauté monastique ?

Il y avait plusieurs raisons au fait de donner des biens à une communauté monastique existante ou à fonder sur la période du Xème au XVème siècle :
– des raisons religieuses : pour la rémission de ses péchés et des péchés de ses parents ou de ses ancêtres,
– des raisons patrimoniales : pour limiter la division du patrimoine en confiant l’un de ses fils à un ordre monastique contre un don le plus souvent effectué sous forme de terres, d’une maison voire d’une église,
– des raisons politiques : pour s’allier avec une puissante abbaye dans une époque ou celles-ci ont un rôle politique important et peuvent ainsi aider à limiter l’influence de son suzerain ou d’un puissant voisin

Question N° 10 : Quel roi de France a annexé le Vivarais Viennois et quand ?

Le Vivarais a été rattaché au royaume de France en plusieurs phases en fonction de l’avancée de l’implantation française sur les plans politiques, judiciaires et religieux dans chaque « principauté » dès la fin du XIIème siècle et surtout durant tout le XIIIème siècle.
– Les débuts de l’implantation du royaume de France en Vivarais commence notamment en 1188 avec l’hommage rendu par le seigneur Odon de Tournon au roi Philippe-Auguste. Développant ses domaines en Vivarais Viennois et en Vivarais Valentinois, la famille de Tournon est un des piliers de l’implantation du royaume de France durant tout le XIIIème siècle.
– En 1284 dans le comté de Viviers ayant pour seigneur l’évêque, les moines de la communauté de Mazan cofondent avec le roi Philippe III le Hardi, la bastide de Villeneuve-de-Berg comme siège de leur juridiction devenant ainsi une cour royale de justice ou baillage.

Sous le règne de Philippe le Bel l’action de l’administration royale se développe afin d’intégrer plus complètement le Vivarais au royaume :
– En 1291 est fondé par le roi de France la bastide de Boucieu-le-Roi comme siège d’un baillage à la demande de seigneurs du Vivarais Viennois.
– Le comté de Viviers qui regroupait tout le Vivarais situé au sud de l’Eyrieux est officiellement rattachée au royaume de France par le traité du 2 janvier 1308 par lequel l’évêque de Viviers reconnaît la suzeraineté du roi.
A la fin du règne de Philippe le Bel, le Vivarais est quasiment complètement intégré au royaume de France. Les anciens suzerains que sont les empereurs du Saint Empire Romain Germanique n’ont eu ni le temps, ni les moyens, ni la capacité de maintenir leur emprise sur un territoire situé aux marges de leur empire.