La restauration de la croix de peste

La croix de peste de Veyrines a été érigée à côté de l’église à la fin du XVIème suite aux grandes épidémies ayant dévasté le Haut-Vivarais durant la seconde moitié du siècle sur fond de guerres de religion, elles-mêmes égale très meurtrières. Au fil des siècles la pierre a vieilli, s’est usé et s’est même fracturée en raison des très nombreuses alternances gel/dégel ainsi que de la très longue exposition à l’action des intempéries (pluie, neige…) et du soleil.

Bien que le fût ait beaucoup vieilli depuis sa réalisation, c’est surtout la croix sommitale qui a beaucoup souffert des outrages du temps. Elle avait déjà déjà été restaurée au milieu du XIXème siècle, avec le remplacement et la fixation de sa branche droite à l’aide d’une équerre métallique. Malgré cela l’état global de la croix était extrêmement médiocre, sa dégradation avait continué et elle semblait prête à se désintégrer à tout instant. 

Afin d’assurer la mise en sécurité de la croix, Les Amis de Veyrines ont fait appel à M. Philippe GRIOT, tailleur de pierre-sculpteur agréé en restauration des monuments historiques. Le choix a été fait sur la recommandation de la DRAC Rhône-Alpes  et sur les conseils de Mme Anne BAUD archéologue-médiéviste ayant dirigé une campagne de fouilles à Veyrines en 2010. 

La croix sommitale a donc été démontée le 5 novembre par Philippe GRIOT et son équipe pour dans un premier temps assurer la sécurisation du site avant de procéder à des travaux d’examen détaillé en atelier avant des travaux de stabilisation de la pierre. 

L‘analyse du spécialiste de la restauration de sculptures et monuments en pierre est édifiant quant à l’état global de la croix :
Lorsque les mousses et les lichens sont enlevés, on constate que plusieurs zones sont complètement détachées , tenues par les mousses…!
L’ensemble est une sorte de mille-feuilles facturé.

Un constat est ensuite fait sur la dégradation de la croix suite à un remplacement dans le passé de la branche supportant le bras gauche du Christ :
J’ai pu ôter les pièces métalliques qui fixaient le bras de la croix à gauche du Christ; En fait ce bras est une pièce rapportée en granit grossier, postérieur à la croix, tandis que le reste est sculpté dans un grès ou arkose très fin, gris clair et rosé.
Les goujonnages métalliques plus ou moins scellés au plomb ont largement contribué à exploser la matière. certaines parties se dégradent sous forme de sable comme les chapiteaux du porche.

Le diagnostic des travaux à réaliser est ensuite établi par M. Philippe GRIOT : 
Le travail consiste maintenant à purger toutes les parties qui se détachent , les nettoyer et les coller. Il faudra ensuite consolider par goujonnage les stratifications ouvertes qui sonnent le creux. Je procède par zones pour ne pas risquer les décollements partout.
Après le nettoyage final je poserai un réagréage pour finir de combler les lacunes importantes.
Je taillerai avant la repose avec un puissant anti-mousse pour retarder une nouvelle invasion.

Après la stabilisation et la consolidation de la pierre en atelier, M. GRIOT et son équipe ont réinstallé le 17 novembre la croix sommitale sur son fût. Désormais sécurisé pour plusieurs décennies, la croix de peste a retrouvé son rôle de sentinelle accueillant le public à l’orée de l’ancien prieuré de Veyrines.

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